Un long weekend à Copenhague

Jour 1 : Avoir envie (très envie) de découvrir le home sweet home danois…

…mais d’abord établir un camp de base ….

Nous avons pris des chambres dans une auberge de jeunesse alter-mondialiste, oui oui comme ça, pour voir. Tenue par roulement par des bénévoles, elle propose en plus de chambres clean,  un petit déjeuner (en supplément) et surtout quelques soirées à thèmes. Nous arrivons pile poil pendant la soirée d’Halloween ! Demain c’est un débat Clinton / Trump et plus tard un cours de langue danoise.
Bref, plutôt sympa. Son nom ? Globalhagen Hostel. L’auberge est placée dans le quartier très bien placé de Nørrebro.

Visiblement, on se plait à fêter Halloween à Copenhague, le vendredi, les citrouilles occupent chaque bordure de fenêtres !

dscf7583 fullsizerender…une fois le camp établi, planifier un programme….

Nous voilà deux filles parties au temple de la décoration, du lifestyle, du bien vivre, du vélo, du manger sain, j’ai nommé la belle ville de Copenhague !  A nous les boutiques, les dernières tendances et les inspirations.

La bonne nouvelle c’est que tout peut se faire à vélo ou à pied dans cette capitale. L’autre bonne nouvelle c’est que vous pouvez aussi laisser votre vélo sans antivol au pied d’un magasin, personne ne vous le volera. Sans déconner ? Sans déconner…

La matinée est simple : nous allons vers « la carte postale de la ville », j’entends par là des maisons colorées au pied du canal de Nyhavn. Et pour s’y rendre ?  Peu importe le chemin, la règle est simple : chaque magasin de décoration ? On le passera au crible. On n’achète rien avant d’avoir choisi très précisément LE souvenir danois. Car oui, c’est cher, très cher Copenhague. On y manie de vieilles pièces à trou de 1992 (ça fait tout drôle de retrouver de vieilles dates sur des pièces)  et c’est la seule chose de marrante la dedans. Le reste vous vide le porte-monnaie en trente secondes.

Je vous parlerai de deux magasins, le premier unique en son genre, qui m’a marqué tant pour son ingéniosité que par son côté bobo puissance 1000. C’est une boutique qui vous vend de vieux rouleaux de tapisserie oubliés dans le grenier des grands parents et on nous présente cela comme l’incontournable du moment ? Nan mais allô !  Et bien vous savez quoi ? J’adhère, j’adore ! La boutique s’appelle  Rétro Villa et son extérieur est tout de suite attirant.

dscf7087 dscf7081dscf7077Un deuxième magasin  : Plint. J’y ai retrouvé mes marques habituelles : Bröste, House Doctor, Bloomingville mais avec beaucoup plus de choix et une belle mise en scène.

A force de marcher et malgré les détours causés par le nombre incroyable de boutiques, nous sommes tout de même parvenues à notre objectif : le port. Avec ses vieux bateaux posés là, ses couleurs et son ambiance, c’est très agréable de s’y promener (mais il vaut mieux éviter le samedi quand même).

dscf7496 dscf7489dscf7022 dscf7487 dscf7528img_2579Nous continuons notre route jusqu’au musée national du Danemark. Il était 16h30 à l’arrivée au musée. Depuis septembre, les musées de Copenhague sont payants, avant ils étaient gratuits. Quelle déception ! Et il vous en coutera un peu moins de 10 euro pour y faire le tour. Il allait fermer dans les 30 minutes, ce fut donc un échec !

…se laisser porter par les us et coutumes locales…

Heureusement la bière danoise connue dans le monde entier est bien là : Carlsberg et Tuborg. Il est grandement temps d’aller boire un verre ! Pour les amateurs de bière, Copenhague renferme beaucoup de micro-brasseries. La plus ancienne s’appelle le Mikeller bar et propose plus de 30 bières artisanales.  A savoir : les gens fument à l’intérieur de certains bars, encore un moyen de se plonger dans le passé.  Ah et aussi, il est totalement légal (ou autorisé ?) de boire dans la rue au Danemark. En même temps après avoir vécu ce moment très étrange :  » Mesdames, il est 20h le bar va fermer », on comprend pourquoi !

dscf7149Jour 2 : le jour où tout a basculé

…le moment où j’ai (presque) eu envie de  faire du sport…

Nous repartons de bon matin, sous le soleil magnifique d’automne. Nous marchons sur les quais. C’est dimanche et les danois nous font regretter nos (multiples) bières d’hier. Ces messieurs dames sont au sport et ça ne déconne pas. Ca court, ça fait du vélo, seul, en groupe, il y en a partout. Nous marchons tranquillement, en se disant que si on habitait ici, surement qu’on ferait pareil. Mais que à Paris. Bon. Non quoi.

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Nous allons à l’office du tourisme. C’est décidé, nous voulons voir les trésors que recèle la ville et plus si affinités. Elle est située juste en face du parc de Tivoli, un des plus anciens parcs d’attraction au monde ! Lui aussi s’est transformé aux couleurs d’Halloween.

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Je vous conseille de vous y rendre. A Tivoli mais aussi à l’office du tourisme. Juste pour l’intelligence du lieu qui manque à nos offices du tourisme en France : le hall principal de l’office du tourisme est un café – petite restauration. Avec des ordinateurs à disposition répertoriant les différentes activités possibles. Bref, un lieu 2en1 bien fichu.
Une dame nous accueille et je m’applique à parler anglais quand soudain, le drame habituel  » vous pouvez me parler français si vous voulez ».  La française est grillée !

Nous hésitons entre la visite classique de la ville gratuite ou la visite « alternative » payante. Nous choisissons la deuxième solution.

Le visite alternative (à réserver à l’office du tourisme, 120DKK, 16 euro) est proposée en anglais ou en espagnol. L’idée de cette visite est d’en savoir plus sur le mode de vie des habitants, ses évolutions, et de mieux cerner ce pays tant de fois cité comme modèle de développement par ses principes écologiques notamment. La visite démarre d’emblée par quelques explications de base. Il est vrai que le premier jour, nous avons peiné à trouver des distributeurs automatiques d’argent. Nous comprenons pourquoi avec la guide : le Danemark souhaite que le moins de cash possible circule dans le pays notamment pour limiter la corruption…et surement mieux contrôler tout à chacun avec son rapport à l’argent. Effectivement, nous avons remarqué que pour certaines boutiques le paiement par cash…engendre des frais supplémentaires ! Incroyable ! Et la question de la vie privée dans tout ça ? Je vous le demande !

Autre idée : le vélo. Taxer les voitures neuves à 180% , why not. Mais le prix des transports en commun coute cher pour un danois ayant un revenu moyen et ce prix n’incite pas à les utiliser. De toute façon le vélo est interdit dans le métro aux heures de pointe. Bref, ce que veut pointer la guide c’est une certaine difficulté de mobilité pour les longues distance, et cela freine surtout les habitants lorsqu’ils souhaitent bouger au sein même du pays. Il est vrai que le vélo sous la pluie pendant 70km de trajet pour aller manger chez une vieille tante, cela a probablement ses limites ! Surtout en pensant au retour !

Plusieurs quartiers sont visités : le lieu de la première salle de shoot avec une explication sur le développement de cette rue (qui ressemble beaucoup à Berlin Est à présent je trouve ), le quartier des prostituées devenu un des quartiers les plus chers de Copenhague, le quartier des anciens abattoirs de Copenhague qui est maintenant un lieu branchouille de bars et de salles de concert. Bref, en deux heures, on parle de tout, de la maternité, des congés payés, du salaire, des problématiques, des prix du loyer, tout y passe. C’est génial de pouvoir en apprendre autant tout en se baladant dans la ville.

dscf7159 dscf7151 dscf7181 dscf7186 dscf7188Il nous reste une heure et nous terminons de nuit (changement d’heure oblige) par le village de Christiania, village absolument improbable au beau milieu de la ville.Nous avons mis du temps à comprendre, pris le temps de lire et de regarder plusieurs vidéos après cette visite. Christiania c’est une communauté autogérée créée dans le début des années 70. Sa charte stipule :  » « L’objectif de Christiania est de créer une société autogérée dans laquelle chaque individu se sent responsable du bien-être de la communauté entière. Notre société doit être économiquement autonome et nous ne devons jamais dévier de notre conviction que la misère physique et psychologique peut être évitée. » (wikipedia).

Qu’apprendre de Christiania ? Que voir à Christiania ?

Sachez que Christiania est le troisième endroit le plus visité de Copenhague après la Petite Sirène et le parc de Tivoli.

C’est l’ensemble qui est remarquable. D’un côté les maisons, de l’autre la vie qui s’y passe, l’organisation des habitants pour gérer les lieux, le tout.

Alors je vous cite quelques éléments, comme ça en vrac.

La communauté de Chrsitiania a créé les vélos pouvant transporter des personnes ou du matériel avec leur petite charrette intégrée : les christianabikes. Vous pouvez donc voir ce lieu de travail. Pas très loin, une entreprise avec fabrication d’objets en métal fait main. Sur la place centrale, des personnes tiennent des petites échoppes d’artisanats.

dscf7602 dscf7612 dscf7618img_2522Mais la rue la plus connue s’appelle « pushing street ». Et même si, depuis septembre 2016, les pushers (vendeurs de drogue)  ont presque disparu,  elle reste glauque à mon gout, surtout qu’il fait nuit. Mais nous reviendrons demain pour mieux découvrir le lieu. Et allons lire deux ou trois choses sur cet endroit totalement improbable.

Nous avons commencé par regarder ce reportage assez global sur Christiania, une bonne manière de découvrir les lieux.

En 2011, l’existence même de Christiania était remise en cause, la communauté est passée à deux doigts de la fin. La guide nous a expliqué tout ça pendant la visite.

En 2012, les Christianises achètent le terrain qu’ils occupent à la ville. Cette décision est historique pour les habitants. Pour contribuer au projet de Christiania, chaque visiteur peut acheter une part du projet.

dscf7592fullsizerender-3Sur la fusillade à Copenhague en septembre 2016 , au lendemain de celle-ci, la guide nous explique que le changement a commencé pour Christiania. Avant, les photos par les visiteurs étaient interdites  : elles sont devenues autorisées. Des dealers omniprésents à tenir des stands : nous en avons très peu vu.

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Jour 3 : ce moment où tu ne penses plus à la déco mais à cet endroit totalement improbable qu’est Christiania

On avait lu la veille que nous pouvions soutenir le projet de Christiania en achetant des parts. Et on avait cette envie là après toutes nos lectures. Mais l’office était fermée ce matin là. Dommage, on avait pourtant une liste d’une centaine de questions au bas mot !

Ce n’est pas grave, la veille, nous avions visité uniquement le « coeur » du village. Partons à la découverte des lieux, entourés d’eau, et d’une faune et flore à l’état sauvage. Il faut dire qu’un principe de Christiania est qu’à part les batisses créées autrefois par l’armée, les habitants (1000) ont créé des maisons sans architecte, par leurs moyens et avec leurs idées.

dscf7628Et c’est un véritable terreau d’imagination que nous découvrons au fur et à mesure de nos pas. Et nous tombons totalement sous le charme des lieux. Ah. Mais si Christiania c’est ça, si on enlève cette histoire de drogue et des Hells Angels mais qu’on garde l’esprit de communauté créative autour d’un lieu de vie apprivoisé mais non abimé, non saccagé voire considéré comme Le PLUS important alors on adhère tout de suite !

dscf7663Les maisons sont toutes plus folles les unes que les autres, et l’après midi ne sera pas de trop pour en faire un large tour. Nous avons cherché la maison banane dont nous avions entendu parler dans le reportage, puis nous avons étudié chacune des maisons sur l’eau. Mention spéciale pour la maison soucoupe !

dscf7670 dscf7669 dscf7668 dscf7658 dscf7654 dscf7646 dscf7645 dscf7643 dscf7635 dscf7621 dscf7590img_2517 img_2436 img_2437 img_2371dscf7607Halloween est l’occasion pour les Christianites de s’exprimer, je vous livre un petit exemple :

dscf7659img_2516Mais encore plus après la balade, et après avoir croisé quelques habitants, on avait encore des questions. Surtout celle-là : comment faire pour que cette communauté ne termine pas en musée à ciel ouvert et ne soit plus donc qu’un parc d’attraction à des fins capitalistes ? Sans réponse à ce stade…

Ceci étant dit,nous nous rendons vers un emblème de la ville. La petite sirène. On nous avait prévenu : les filles, n’y allez pas, c’est trop loin, elle est toute petite, et derrière ce sont des vieilles usines pas belles.
Vrai & Faux : de nuit : on ne voyait pas les usines !! Mais le reste est vrai, c’est loin et elle est quand même toute petite cette sirène ! Je vous laisse le soin de regarder par vous même :

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Jour 4 Ce moment où tu découvres que l’architecture varie beaucoup dans c’te ville

C’est parti, aujourd’hui, le programme est chargé.

En plus d’une excursion à Dragor que je raconterai plus tard, nous avons décidé d’inspecter la ville. Direction le Noma, LE MEILLEUR restaurant au monde. Oui, on avait faim. En fait non, tout est complet des années à l’avance mais l’idée était de voir dans quel endroit ce restaurant ce restaurant pouvait-il être implanté.

Quelle belle balade, nous passons par tous les styles : des grandes façades vitrées au bord de l’eau, des petites maisons de pêcheurs aux façades colorées, des jardins aménagés, des ponts magnifiques bref, on ne sait plus où donner de la tête !

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dscf7464 dscf7481Nous nous dirigeons vers une food market. Le CC pour Copenhagen Contemporary. Et ici, c’est comme la grande halle de foodmarket de Lisbonne : du fait maison, de pays différents dans des petits stands sympas à découvrir. Ce lieu vaut clairement le coup d’oeil. En plus, à l’entrée, il y a une exposition participative proposée par YOKO ONO. Chacun peut écrire son souhait sur un morceau de papier et l’attacher aux arbres à disposition. Bref, j’adhère.

Malheureusement, pour dire NON au manger sain, on s’est dirigé vers du gros, du gras : du burger. Mais en fait, non. C’était pas bon. C’est pas leur métier au danois. Faut prendre des tartines, ça c’est joli et c’est bon. Le nom des tartines locales, je vous laisse le soin de vous entrainer à le prononcer pour votre prochain périple : smørrebrød !

img_2177 img_2168 img_2163 img_2185 img_2186Je suis allée à Copenhague pour découvrir ses intérieurs de maison, je suis repartie en ayant découvert ses extérieurs. Et c’était surement mieux comme ça !

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