Visiter Evora, ville aux 1000 secrets

Toutes les personnes rencontrées sur la route étaient d’accord : Evora doit être vue avant de partir du Portugal. Très bien. Tant mieux. C’est la destination du jour ! L’auberge porte le doux nom de Namaste à quelques pas seulement de la place centrale : la Praça do Giraldo. Nous sommes accueillies très sympathiquement avec un plan de la ville.

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Il fait chaud très chaud, à regarder mon nez qui devient de plus en plus rouge, on avoisine sûrement les 40 degrés… Mais on relativise, nous sommes protégées quelque peu du soleil par nos balades dans les rues d’Evora. En plus, les maisons sont couvertes de chaux blanche et de peinture jaune créant un esprit apaisant.

DSCF2535 Le gérant de l’auberge nous a donné une carte avec les « incontournables ». Il insiste pour que nous allions voir « la chapelle d’os ». Drôle de nom. Pourquoi pas. Mais visiblement pas ce soir : c’est fermé pour l’instant. Il faudra patienter jusque demain. Je ne sais pas s’il faut se réjouir d’avance à cette idée de voir une chapelle en os. Je n’arrive même pas à l’imaginer en fait.

En attendant demain, on se dirige vers une place avec un temple romain apparemment dédié à Jules César.  Mais outre ses monuments, Evora c’est surtout des petites ruelles où l’on aime se perdre, ses petites places parfaites pour prendre un, des verres.. Nous sommes entourées de murailles romano gothiques. On se retrouve  un peu à la maison quand on lit que les consolidations des murailles sont de « style Vauban » sur le dépliant de l’office du tourisme.

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La cathédrale mais surtout le cloître vaut le détour rien que pour admirer la vue depuis son toit. En effet, le prix de l’entrée (2,5 euro) sera bien investi puisque vous pouvez laisser libre cour à vos envies de visites dans le cloitre. Monter sur les toits en passant par un escalier en  colimaçon très exigu ? C’est possible !

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Il y a ce lieu un peu différent,  près de la cathédrale, le « pateo de Sao Miguel ». Un endroit totalement atypique, presque coupé du temps, avec une terrasse, de charmants escaliers, une loggia et une vue magique sur la ville. En plus, il n’y avait absolument personne ce jour là.

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Puis, vient l’heure. L’heure d’aller voir cette Capela Dos Ossos. On arrive, on rentre dans ce qui ressemble tout bonnement à une maison. C’est payant, 3 euro. L’homme qui nous vend les tickets et tout sauf aimable et ne nous explique rien. On suit la personne devant nous, et on arrive….dans un musée. On cherche des os. Partout. Des os. Des os. Mais rien à l’horizon.

Déconfite, je demande à un monsieur qui semble surveiller le lieu. Ah mais mesdames, c’est de l’autre côté. On le suit. Et la, wouahou wouahou. Les habitants de l’époque ont « collé » tous les os trouvé là au moment des fouilles. Pour leur bon souvenir. 5000 personnes exactement. Une petite phrase à l’entrée du lieu retient mon attention (non je ne parle pas portugais, elle est traduite sur le document) : Nous, les os ici présents, attendons que les vôtres nous rejoignent… A bon entendeur…

Bref, le lieu est surprenant, ne laisse vraiment pas de marbre. Attention les yeux, photos de crânes ci-dessous !

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L’heure de manger approche. Les os, ça me donne faim… On se dirige vers un restaurant mais nous voilà devant une toute petite façade avec toutes les insignes du guide du routard depuis …. 15 ans ! Attrape touriste ? On se laisse tenter…
On entre, la cuisine est face à nous. Le chef nous parle fermement mais avec le sourire : attendez 5 minutes dehors « .IMG_9820 (1)
Poliment on attend. Il revient et frappe dans ses mains « ladies come on »… Il ne déconne pas Le M’sieur. Et ce n’était que le début…
On s’assoit et comme d’habitude à la table, du pain, du jambon et des petits toasts à l’huile. « On n’y touche pas, il faudra tout payer à la fin ».

Mais le chef arrive d’emblée avec une bouteille de vin rouge qu’il nous présente comme le seul breuvage possible. Mais nous voilà obligées de refuser, la veille on a fini un peu ronde à cause du taulier du bar qui nous a offert de la liqueur de Litchi. Boire local, c’est fatal. (cette punchline est copyright).

Il repart, pas vraiment déçu mais bien décidé à se venger : dans nos assiettes une farandole de plats arrive : champignons probablement cuits à l’étouffée dans une sauce divine  pois chiche – thon- échalote, fromage fondu qu’il nous propose de manger avec le jambon et les petits toasts posés sur la table.

Euh Monsieur, moi quand je vais au restaurant, souvent, on m’apporte une carte, je mets 10 minutes à choisir, 5 pour vous attendre et prendre la commande, et 15 pour être servie. Et là. Ca fait juste deux minutes que je suis assise. Et surtout je n’ai RIEN choisi…

Mes yeux rodent sur les tables environnantes. On a tous l’air de manger la même chose. AHHHHH. D’accord. Fallait le dire. On aime ce principe. On goute. C’est super bon. On finit. On sauce tout ce qu’on peut. Plus rien ne reste dans nos assiettes.
On regarde la table d’à côté . Un plat rode. Il n’a pas l’air poli, tres arrogant. On se dit que les mouillettes c’était pas une bonne idée.
Le chef arrive, avec un mot qui sort de sa bouche : « nationalité ? ». En choeur : « française ». Réponse horrible : « J’avais deviné, c’était bon sinon ? ». Je n’aime toujours pas parler français à l’étranger alors je réponds un truc « delichioso « . Bah quoi ? Il y a le Ch, il y a  l’idée. Il se marre.

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Mais on sent qu’il a avalé de travers l’histoire du pif que l’on a tout bonnement troqué contre une bouteille d’eau.  Le plat arrive. C’est du cochon noir. Confit. Avec une purée d’épinards. Des pommes de terre et du riz safrané. TOUT CA ??
Bon.IMG_9829
La guerre commence.
C’était bon. On se dit qu’on monterait bien le même genre de resto à Paris. Chacun s’installe et c’est la surprise totale. Même menu pour tout le monde mais dans la perfection.
Monsieur revient à la charge. Pose deux petits verres devant nous avec 4 mots : « liqueur de vin rouge « .
C’est local, c’est surement fatal…
Il nous a eu. Il va même plus loin en nous donnant la notice pour le boire. D’abord un petit bisou au verre et ensuite cul sec.
La veille on a appris le mot pour trinquer. Mais évidemment on ne s’en rappelle plus. Du coup on obéit juste. .
Pas mauvais. Ça va aider. Pour la suite.
Oui parce qu’il  y a un dessert. Après 15 minutes de pause. Du gras. Juste du gras « cannelle / beurre / sucre / œuf avec des petits morceaux de brioches interposés . Ah et un peu de cerises noires.
Il revient à la charge avec un nouveau verre de liqueur . On dit « no ». Il dit Si Si. Ah.
Échec et mat.

Le couple à côté de nous est ivre. Madame a cédé un peu trop de fois. On ne peut plus rien manger, plus rien boire non plus. Vient surement l’heure de partir. La mauvaise nouvelle approche. N’ayant pas vu le menu, on ne sait pas quel est le prix du menu. Finalement, c’est très honnête, 25 euro par personne pour tout ça et la gentillesse du serveur en prime. Que demander de mieux !

On repart dormir à Namaste tout en profitant une dernière fois des petites ruelles éclairées. Demain c’est shopping, on a repéré deux boutiques assez tendance (les adresses dans le carnet pratique ci-dessous).

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Mais mais, quoi ? Mais non. Si. Pas de shopping sans avoir brUnché ! Ah et ça tombe bien, nous sommes tombées PILE au bon endroit. On s’est laissées tenter par beaucoup trop de choses, mais il faut l’avouer : c’était délicieux ! (je conseille vivement le jus d’ananas – menthe).

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On n’allait pas quitter la ville sans un petit détour vers les beaux mégalithes entourés de chênes-lièges. En sortant d’Evora, c’est à une quinzaine de kilomètres avec une partie en chemin de brousse. L’air sent super bon avec différentes plantes très odorantes qui poussent au bord des chemins.

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Carnet pratique

Nous avons loué une voiture à Lisbonne. Evora est a à peine deux heures de route. Elle est facilement accessible et surtout elle est organisée pour que l’on puisse se garer : plusieurs parkings sont situés à l’entrée de la ville. Ils sont gratuits.

A votre arrivée, n’hésitez pas à aller à l’office du tourisme pour demander un plan de la ville et des informations sur les monuments à visiter (le dépliant existe en français).

Deux boutiques ont clairement retenu mon attention, et m’ont donné envie de tout acheter :

Mercearia Do Largo – Largo Alvaro, 6 7000-779 Evora : petite boutique de produits souvenirs : sardines, fromages, thé mais aussi de la décoration assez douce pour nos intérieurs.

Et LA boutique de décoration par excellence : Gente Da Minha Terra au Rua 5 de Outubro 39.

Les petits souvenirs, achetés ici et là  :

IMG_9938Belle visite de la douce Evora,

Alexandra