Oxygène et pâté de sardines

Belle-île en mer. Sous le soleil, sous la pluie. On s’en moquerait presque, notre unique souhait du weekend c’est prendre le large, planter une tente et manger devant la mer.

Mais avant il faut un peu s’organiser. On peut toujours partir à l’arrache mais l’aventure pour qu’elle soit bonne se prépare un minimum : vaisselle, tire bouchon, maillot de bain (au cas où) le foutu Kway (au cas où) et un duvet. L’important en fait.

On retrouve les copines. Une à la tente, l’autre la crème solaire. L’important c’est de cumuler les bonnes idées !
J’ai pris la multiprise (maman je te la ramènerai un jour ), oui on prendra l’élec, faut pas déconner, et on pourra toutes se brancher. Ah l’Internet. Je pourrais te débrancher,  je devrais, mais ce n’est pas le sujet.

Départ de Quiberon, on prend les tickets que l’on donne gentiment au contrôleur.  Premier avertissement : mesdames, vous vous trompez de bateau, celui-ci c’est pour Houat.
Ah pardon. On se met gentiment à courir vers le bon rafiot qui nous attend. On s’assoit à l’extérieur. Avoir une copine qui a le mal de mer c’est toujours une expérience : elle reste fixée les yeux devant, en plein contrôle de son corps humain. Vomir ou pas vomir ?
Je scrute l’horizon. Il pleut. Arf. Tant pis. On a nos Kways. Puis en plus on prend l’air. On s’oxygène.

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Arrivées à Belle Île, personne n’a vomi alors direction l’office du tourisme. Accueil avec un large sourire. On nous donne 1000 prospectus : horaires de bus, animations, plan de ville, chemins de rando. Avec tout ça nous voilà parées. Mais avant on va aller planter la tente au camping le plus proche de Palais, la ville où l’on a débarqué. Le « camping de l’Océan » nous attend.
20 minutes de marche, mais le Pizzaiolo que l’on croise sur notre chemin nous trouve un petit raccourci par la forêt. Je le préviens : si c’est un mensonge, on va revenir lui dire ! Mais c’était tout à fait vrai. Un chemin qui fait un peu peur la nuit mais c’est la contrepartie d’un raccourci. Décidément, ils sont sympas ces Bellilois.

Tente posée. On a des voisins. Plutôt des voisines. D’autres jeunes. Enfin plus jeunes. Et plus équipées avec le réchaud et tout. On s’en fout on est plus vieilles on ira au resto. Et PAF.

Le soleil est de retour, il nous offre même une jolie vue du port. On se paie même le toupet de boire une bière en terrasse. Et ça bavasse et ça jacasse sur la grand place du Palais. Quant à nous, après un resto aussi fait maison que les raviolis Buitonus, on repart boire quelques verres au bar « Les Matelots « . Sympatoche le bar face à la mer. Surtout, ce soir il y a concert. C’est la dame de l’office du tourisme qui nous a vendu l’affaire. C’était du blues. C’était pô mal. Surtout pendant ce temps là mes copines chtits ont validé un truc : la Pelforth c’est dégueulasse.

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Conciliabule. Demain on prendra le bus numéro 3 à 11h15 du Palais au Port des cotons. Pour une marche de 23km jusqu’à la pointe des Poulains. Avec Pique nique dans le sac s’il vous plait.

Réveil sous le soleil. On part pour le petit, tout petit  marché de Palais pour se ravitailler : fromage frais fait sur l’île, des conserves de la Belle îloise : un paquet de six, il ne faut manquer de rien, quelques fruits, une bouteille et c’est parti.
Au bus, le chauffeur fait quelques blagues. Bon esprit. On continue de le dire comme un refrain  » ils sont gentils sur cette île, sauf les parisiens qui continuent d’user de leurs klaxons parce qu’on marche au milieu de la route alors qu’on fait ce qu’on veut sur une île ». Hum.

Arrivée aux aiguilles de Port Coton.
Un nom  qui ne m’évoque rien jusqu’à ce que je lise « les aiguilles de Monet ».
Ahhhh mais oui. Ah mais c’est lààààààààà.
Pouh . La claque. C’est beau. Il n’y a vraiment pas besoin d’aller à l’autre bout du monde. En plus le soleil est là. Et il n’y a quasiment personne. Il y a juste un truc qui est un peu effrayant : les mouettes chantent bizarrement.
Le vent nous donne tout ce qu’il peut, ça siffle dans les oreilles. On s’oxygène. On marche doucement, autrement dit, je ralentis grave mes copines à cause de l’appareil photo !
M’enfin tout est photogénique, pas facile de ne pas s’arrêter toutes les six secondes.

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La randonnée est bien balisée, on suit le GR 34, sentier côtier. Par deux fois, on ne sait pas vraiment si on a pris le bon chemin : nous voilà dans des fougères plus hautes que nous à nous frayer un chemin ! Mais avec les copines, il nous en faut plus pour reculer. Ca nous fait même marrer.

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A l’heure dite, on sonne le carillon collectif : ON A FAIM. Ca tombe bien, la vue est belle, il fait soleil et nous sommes protégées du vent ; en clair il est temps de se poser. Pique nique des plus agréables avec nos pâtés de sardines.

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En repartant on croise un panneau « Port Coton = 4,5km ». Ah. On n’a quand même pas avancé beaucoup. Il va falloir accélérer un peu pour avoir la chance de voir le pointe des poulains.

Mais finalement ça se fait assez vite, on traverse encore des fougères, des plages, des rochers, on continue d’admirer la vue, parfois le vent nous réduit au silence. Je ferme les yeux et j’avance, comme un jeu. Oxygène.

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Il nous reste une heure pour y arriver. Alors là, plus question de déconner, de loin, on aperçoit le phare. Mais de loin. Les filles regardent la carte, on y est bientôt. Encore un effort. Nous reste 2,5km. La vue est splendide, le bruit de la mer qui heurte les rochers nous berce.

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Elle nous intrigue cette vue, d’énormes rochers en érosion, des falaises abruptes mais au loin un tout petit phare vêtu de rouge Presque rien. Mais finalement rendant le lieu d’une beauté folle.

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DSCF1236On arrive mais déja on doit reprendre le bus. Juste à temps. Beau timing. On passe devant le village de Sauzon qui a l’air tout mignon.

Arrivée à Palais, on a RE faim. Problème, tout est fermé sauf la boulangerie où on achète quelques trucs pour la soirée. Mais on aurait bien fêté ça autour d’une bouteille de vin. La chance, le caviste est encore ouvert. En plus, il nous fait un cadeau improbable, comme il n’a pas la bouteille que l’on voulait au frais, il nous en offre une. Oui, oui, je répète, il nous a offert  une bouteille. Merci Merci Merci. Avec les copines on se dit qu’on aurait peut être du lui dire qu’on avait aussi faim de son jambon cru et du fromage dans sa vitrine…

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Je ne m’attarde pas sur le pique nique dans la citadelle Vauban (rien que ça), des courbatures dans les pattes (on s’est demandées si Uber était là pour nous ramener)  la pluie qui s’est mise à tomber et qui ne s’est jamais arrêtée jusque notre départ le lendemain.

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Je conclurai de toute façon que tout était parfait quand même. Merci aux copines.

Et un grand merci aux bellillois qui ont rendu ce weekend encore plus sympathique.